Parents efficaces – Thomas Gordon

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Voici un bouquin écrit par un psychologue, spécialisé dans les procédés de communication et de résolutions de conflits. Ce n’est pas forcément par celui-là que j’aurais dû commencer car il me semble que Bigornette est encore un peu petite (car son langage n’est pas encore suffisamment développé) pour pouvoir mettre en pratique ce que j’y ai appris (encore que…) mais je ne regrette pas pour autant mal lecture. Je vais exposer ici les points essentiels que j’ai pu retenir.

1. L’écoute active

L’écoute active peut s’utiliser tant dans le cas de problèmes à nos yeux futiles (mais ô combien gravissimes pour nos enfants) ou dans le cas de problèmes sérieux. L’écoute active implique que l’on écoute vraiment la parole de l’enfant. C’est à dire que s’il tombe par terre et s’écorche le vernis du genou puis vient nous le montrer en chouinant un peu, on ne va pas essayer de le rassurer en lui disant « ce n’est rien », « ce n’est pas grave, ça va passer ». Non, on va le prendre réellement en considération et lui dire : « oui, je vois que tu t’es fait mal, tu trouves que c’est douloureux. » Le but étant de « ne pas nier les sentiments qu’il éprouve, car pour lui, ils sont bien réels. » L’écoute active c’est aussi laisser la possibilité à l’enfant de résoudre lui même son problème en interprétant son message. Le parents restitue alors à l’enfant le message qu’il pense avoir compris (sans pour autant jouer les perroquets), l’enfant confirme alors ou non l’interprétation du parent et il peut continuer de s’exprimer. Cet aspect de l’écoute active est assez complexe et ne saurait être résumée dans cet article, si le sujet vous intéresse je vous conseille vivement de lire le livre de Thomas Gordon.

2. A qui appartient le problème ?

Le psychologue met aussi l’accent sur le fait qu’il est important de déterminer à qui appartient le problème lorsqu’il survient. Par exemple, si Bigornette n’a pas envie de d’aller se coucher, elle préférerait rester jouer à la dînette, le problème lui appartient. Par contre quand elle renverse son biberon sur le canapé, le problème m’appartient à moi puisque c’est moi que cela dérange, c’est un de mes besoins à moi (conserver un canapé propre) qui n’est pas satisfait. A quoi sert de savoir à qui appartient le problème ? Nous allons le développer ci-dessous.

3. Le « message-tu » versus le « message-je »

Lorsque l’enfant et le parent sont confrontés à un problème qui appartient au parent il est alors nécessaire d’employer un « message-je » pour résoudre le conflit. D’après l’auteur le « message-tu » est ici inapproprié car il incriminerait l’enfant sans lui faire comprendre pourquoi son comportement n’est pas acceptable pour l’adulte. cela rendrait donc le message du parent inefficace. Au contraire l’emploi du « message-je » serait plus adapté car il laisse à l’enfant la responsabilité de ses actes, ce qui devrait l’amener à respecter les besoins du parent. Voici des exemples de « messages-je ou -tu »: « Aïe ça me fait vraiment mal ! Je n’aime pas qu’on me donne des coups de pied. » « C’est très méchant de ta part. Tu ne dois pas taper. » Le second message présente un jugement sur l’enfant qui est dit « méchant », ce qu’il ne pourra vraisemblablement pas accepter, tandis que le premier message exprime ce que l’adulte ressent, l’enfant ne peut le réfuter, il a donc la responsabilité de modifier son comportement.

4. Quand le problème appartient à la relation : la méthode « sans perdant »

Quand un conflit entre les besoins des parents et ceux de l’enfant survient le conflit appartient alors à la relation. L’auteur dénonce alors deux méthodes classiques souvent employées pour résoudre ce type de conflit et qui implique une lutte de pouvoir permanente entre parents et enfant : la méthode autoritaire (le parent gagne au détriment de son enfant) et la méthode permissive (l’enfant gagne au détriment du parent). Il propose alors la méthode « sans-perdant » : c’est « une méthode qui permet à chaque parent et à chaque enfant de résoudre chacun de leurs conflits particuliers en y trouvant leurs propres solutions acceptables pour les deux parties. » L’enfant étant sollicité pour trouver une solution au problème, il est responsabilisé et sera d’autant plus motivé à mettre en œuvre la solution trouvée. Avec cette méthode les besoins des parents et de l’enfant sont respectés. Lors de l’application de cette méthode il est indispensable d’employer l’écoute active et le « message-je ».

5. Les conflits entre enfants

Ici, le parent doit éviter de jouer les juges et ne doit pas être celui qui départage les enfants.Par contre il peut, par le biais de l’écoute active, amener les enfants à discuter à trouver une solution acceptable pour tous les deux.

Cet article ne peut se substituer à une lecture complète du livre, qui seule permettra de saisir les conseils et méthodes de Thomas Gordon. J’ai vraiment appris de nombreuses choses en lisant ce livre et je pense que cela me servira en tant que maman mais aussi en tant qu’enseignante.

 

Je ne résiste pas à vous citer deux passages du livre qui m’ont fait bien rire et qui ne sont pas sans rappeler qu’il a été publié en 1970…

« Parfois, par exemple avant le coucher, les enfants ont besoin d’un environnement qui présente peu de stimulations. Les parents, surtout le père, excitent leurs enfants avant le coucher ou le repas; et ils s’attendent ensuite à les voir soudainement devenir calmes et modérés. » (bon ici je crains qu’en 2014 ça soit toujours pareille…)

« Voici quelques suggestions qui vous permettront « d’agrandir votre zone d’acceptation » envers les enfants plus âgés : […] Expliquer l’usage et les tarifs du téléphone (frais additionnels pour appels interurbains, heures de pointe et périodes de rabais, etc.). »

 

J’apprends à être maman

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J’étais une petite fille sage et calme. Je crois pouvoir dire que je n’ai pas vraiment posé de problème à mes parents. J’ai rarement défié leur autorité, je ne me souviens pas d’avoir jamais été punie. Je craignais un tout petit peu mon père mais ça n’était sans doute pas justifié, je suis quelqu’un d’hypersensible et je pense surtout que cela venait de là. Je ne saurais pas réellement qualifier l’éducation qu’on m’a donnée. Aujourd’hui j’ai la chance d’avoir une fille sage également (pourvu que cela dure) et je reproduirai certainement certains schémas qui ont été bénéfiques pour moi. Mais cela ne doit pas m’empêcher d’aller plus loin.

Je m’intéresse aux méthodes d’éducation alternatives. Je n’ai pas envie d’élever ma fille sans y réfléchir, juste en reproduisant ce que j’ai pu observer. Je veux penser son éducation, je veux l’aider à grandir et essayer de la comprendre. Je ne dis pas que je trouverai la bonne méthode, je ne dis pas que les méthodes classiques sont mauvaises, je ne jugerai pas ce que peuvent faire les autres. Je ne dis pas non plus que je saurai vraiment faire ce qu’il faut et éviter ce qu’il ne faut pas faire. Mais je veux essayer parce que ça m’intéresse.

Alors oui, je me renseigne sur cette mouvance qui propose d’éduquer son enfant autrement, en usant de bienveillance, et j’aspire à une parentalité positive. Je n’ai pas pour autant l’intention d’être permissive. Je dis cela car bien souvent on a tendance à associer ces idées à la permissivité. Enfin moi c’est ce que je faisais avant d’être maman et de m’être un peu documentée sur le sujet.

Pourtant parfois je fais les gros yeux, j’élève la voix alors que je ne devrais sans doute pas car je saurai très bien manifester mon mécontentement autrement. J’isole un peu Bigornette car elle a fait une grosse bêtise. Parfois je me sens perdue et je ne sais pas ce qu’il faut faire. J’essaye, je me trompe parfois, je me laisse influencer par l’entourage alors que je voudrais peut-être faire autrement. Je suis en apprentissage…